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Radicaux Seinomarins - André MARIE
Président du Conseil - Président du Conseil Général - Maire de Barentin



Né à Honfleur (Calvados) le 3 décembre 1897, décédé à Rouen le 12 juin 1974, André MARIE, homme politique influent, leader radical-socialiste, fut un amateur d'art, ami des sculpteurs, fondateur du Musée dans la Rue et aussi un fin lettré, membre de la Société des Gens de Lettres. Il marqua la vie barentinoise d'une façon indélébile dès 1923 à son élection au Conseil d'Arrondissement, puis en 1928 quand il devint député de la IVe circonscription et conseiller général du canton de Pavilly, enfin en 1929, année où il lia son sort à la Ville de Barentin en entrant au conseil municipal.


Une fulgurante ascension politique s'ensuivit : secrétaire d'État en 1933/1934, figure de proue du Front Populaire, il participa à la rédaction de la loi sur les congés payés. Défendant la politique du parti radical, il s'écria ainsi lors d'un meeting à Saint-Valery-en-Caux : "Pourquoi le Front Populaire ? Parce qu'il est le pain, la liberté, la paix !".

Après avoir combattu pendant la guerre de 1914-1918, il s'engagea comme volontaire en 1939.

Son double statut de député et d'ancien combattant lui permettait pourtant de ne pas aller au front, mais ce républicain se fit un devoir de défendre à nouveau son pays.

Prisonnier, il ne put, à son grand regret, refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Libéré, il revint à Rouen où il entra en résistance dans le réseau "Georges France". Il avait démissionné de tous ses mandats pour protester contre le régime de Vichy qui, au début de l'année 1941, le déclara déchu de ses fonctions électives en même temps que MM. CADINOT, NION et PERDRIX, conseillers municipaux de Barentin.

Arrêté par la Gestapo le 12 septembre 1943, déporté au sinistre camp de Büchenwald, il fut libéré le 11 avril 1945 et rentra à Rouen le 19 de ce même mois. Atteint d'une grave affection pulmonaire contractée pendant sa captivité, très affaibli et amaigri, son tempérament et sa volonté de battant lui permirent de revenir très vite à la vie politique. Il fut cette même année membre fondateur avec son ami Pierre-René WOLF de la Société Républicaine d'Editions dont dépend Paris-Normandie. Le 7 mai 1945, il fut élu maire de Barentin puis de nouveau conseiller général, devenant ainsi le premier président de gauche de l'assemblée départementale de 1945 à 1949 puis de 1973 à 1974. Il occupa les fonctions de ministre de la Justice et de vice-président du Conseil dans plusieurs ministères de 1947 à 1950. Une aggravation de sa santé l'obligea à s'éloigner de la vie publique pendant un an et à être hospitalisé à Paris. Il fut un président du Conseil éphémère en juillet/août 1948, son ministère comprenant de nombreuses personnalités dont son ami Léon BLUM, René COTY, Robert SCHUMAN, Paul RAMADIER, Henri QUEUILLE et François MITTERRAND, secrétaire d'Etat à l'information.

En 1951, André MARIE reprend les chemins du pouvoir en accédant au ministère de l'Education Nationale, fonction qu'il occupa jusqu'en 1954 et où il détint le record de longévité à ce poste sous la IVe République. "De mon passage à l'Instruction Publique, confiait-il avec humour, j'ai gardé cette notion : que les discussions sont difficiles avec les représentants de l'enseignement primaire, délicates avec ceux du secondaire, impossibles quand on arrive à l'échelon supérieur".

Cinquante années de vie publique pour cet humaniste attaché aux valeurs républicaines. Parallèlement à sa Brillante carrière politique, il fut un avocat au talent redoutable. Véritable tribun, il se fit remarquer dans de nombreux procès d'assises ; certains sont restés dans les mémoires comme les procès Falcoux (1933)

Et des "diaboliques" de la Vieux-Rue. Elu par ses pairs bâtonnier de l'Ordre des Avocats, son mandat fut le plus court car, à peine était-il nommé, que Vincent Auriol, président de la République, l'appela au poste de Ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Deux jeunes avocats, Mes Audrey Sarfati et Nicolas Rouly, lui ont rendu un vibrant hommage lors de la rentrée solennelle de la Cour d'Appel de Rouen en 2004. A cette occasion, une exposition a été organisée à sa mémoire à la Maison des Avocats, pour laquelle la Ville prêta de nombreux documents.

* * *



Ami du monde littéraire et artistique, il écrivit des pièces de théâtre : "L'Ecole des Maris", qui sera mis en musique par Emmanuel Bondeville et créé à l'Opéra Comique, ainsi que trois recueils intitulés "Hommages", contenant des discours qui constituent des chefs-d'oeuvre d'éloquence. Admirateur de Corneille et de Molière, il se permet de rajouter un sixième acte au "Tartuffe" qui fut inter prété par la troupe du Conservatoire National d'Art Dramatique avec Michel DUCHAUSSOY dans le rôle de Cléante.

Il créa le Cercle Pierre et Thomas Corneille en 1955 et fut fondateur et président de l'Union des Universités Populaires de France.

Commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918 et 1939-1945, de la médaille de la Résistance avec palmes, il fut également détenteur de nombreux ordres étrangers. Européen convaincu, épris de réconciliation, il fut à l'origine du jumelage avec la ville allemande de Warendorf (1965).

Accueillant en sa qualité de ministre ses amis de l'Aéro-Club de Normandie, dont il était président, il déclara : "Maire de Barentin, je souhaite le rester jusqu'à la fin de mes jours", évoquant cette petite bourgade qu'il transforma ensuite en une cité industrielle qui connut un développement économique exceptionnel.

Sa connaissance des rouages administratifs, son expérience, des immenses ressources de bienveillance et de compréhension, assuraient souvent le succès de ses démarches. Ça se savait. Pour les braves gens, pour les petits, les sans grade, il était l'ultime recours, celui au-delà de qui tout est perdu.

Michel BENTOT, maire, et la Municipalité, à l'initiative de Jean-Marie GRISEL, ont rendu un hommage particulier au président André Marie lors des 20ème et 30ème anniversaires de sa disparition en 1994 et en 2004, en présence de sa fille Claude Papeloux et ses petits-fils Didier et Sylvain qui se sont toujours associés aux cérémonies marquantles grandes heures de Barentin.




Bibliographie :

- J-M GRISEL, J-P DUGELAY, et la Ville de BARENTIN, IMAGES DE BARENTIN Cité des Arts LE MUSÉE DANS LA RUE. 107 pages.

Date de création : 10/02/2007 - 20:46
Dernière modification : 10/02/2007 - 21:03
Catégorie : Radicaux Seinomarins
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